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Mohamad Vayid : « Je souhaite pour Navin Ramgoolam qu’il se ressaisisse et réussisse à rallier ses troupes » (Mauritius Times)

Mauritius Times, , 1 août 2003

Rédigé le Vendredi 11 Août 2017 à 22:28 | Lu 37 fois


M. Mohamad Vayid, fin analyste de la société en général, nous livre son état d’âme à deux mois des profonds changements qui s’opéreront à la tête du pays: sir Anerood Jugnauth à la présidence et Paul Bérenger dans le fauteuil premier ministériel. Selon lui, “les enjeux sont trop importants pour tolérer des dérapages…” et “les deux protagonistes sont sur une corde raide”.

Mohamad Vayid agite quelque peu le spectre de l’installation de Paul Bérenger comme Premier ministre. Ainsi il déclare que “plus que l’échéance approche plus les esprits s’échauffent et la peur s’instable, compte tenu du caractère de Bérenger” (…).

Passant à un autre ordre d’idées, Mohamad Vayid constate qu’à part Paul Bérenger, Navin Ramgoolam et Pravind Jugnauth, “il n’y a pas d’autres prétendants sérieux à l’investiture comme PM”. Dans le même souffle, il fait allusion à l’alliance sociale “comme un échec retentissant” (…). Il passe également en revue l’affaire MCB/NPF, le travail de l’ICAC, de la police et du judiciaire…


Mauritius Times : Sir Anerood Jugnauth et Paul Bérenger ont pour une fois démontré leur capacité de maîtriser leurs impulsions de bagarreur et si tout se passe comme prévu d’ici septembre 2003, ils entameront ensemble la deuxième phase de l’accord de Medpoint, c-à-d l’un à la présidence, l’autre dans le fauteuil premier ministériel. Contre toute attente, n’est-ce pas ?

Mohamad Vayid : Pas nécessairement. Car les enjeux sont cette fois trop importants pour tolérer des dérapages de part et d’autre. Les deux protagonistes sont sur une corde raide. Pendant qu’une importante section de la population militait sans concessions pour promouvoir un Premier ministre Vaish, l’ironie du sort impose Paul Bérenger à ce poste, à la faveur d’un accord électoral de la onzième heure qui défie les calculs sectaires.

D’autre part, le Premier ministre sortant et son adjoint sont trop fins politiques pour ne pas réaliser la délicatesse et la fragilité de cet
arrangement accidentel pour se permettre des éclats qui auraient remis en question l’accord de Medpoint. D’autant plus que plus l’échéance approche plus les esprits s’échauffent et la peur s’installe, compte tenu du caractère de Bérenger, de son style de gestion et de son parcours politique. Mais les dés sont jetés, et on ne peut faire marche arrière, ce qui aurait créé des problèmes sociaux et politiques énormes dans le pays. Les deux leaders ont donc tout fait pour éviter une catastrophe. Ils restent cependant prisonniers de l’accord de Medpoint.

Ceux qui ont tout au long cru dans l’imminence d’une cassure se sont lourdement trompés…

Il est évident que certains ont misé trop sur l’expérience du passé, sur le nombre de fois que Bérenger a été botté hors du pouvoir depuis 1982 en pensant que cela allait se répéter. Or, valeur du jour, il n’y a plus trente-six solutions, comme dans le passé, où le fréquent réaménagement de la situation sociale et électorale faisait que les gens changeaient de partis ou favorisaient de nouvelles alliances.

Actuellement, les lignes de démarcation sont mieux définies, avec trois principaux partis en lice, ce qui ne laisse pas beaucoup de champ aux combinaisons et choix politiques. Donc, les options sont limitées et nous continuerons à avoir affaire à Paul Bérenger, Navin Ramgoolam et Pravind Jugnauth car il n’y a pas d’autres prétendants sérieux à l’investiture comme PM. Notre problème c’est que la classe politique ne s’est pas renouvelée, elle n’a pas réussi à s’injecter du sang neuf, et ceux qui sont là vont continuer à gérer la situation politique dans un cercle fermé jusqu’à nouvel ordre.

Voyez ce qui se passe avec l’alliance sociale: elle a été un échec retentissant avec, d’une part, les défections dans les rangs travaillistes en faveur du… Parti Républicain et, d’autre part, M. Boodhoo qui dit sa frustration de la façon dont cette alliance opère. Chacun est en train de limiter les dégâts, mais tout cela vient confirmer que le champ des options est restreint.

Ce qui signifie, selon vous, que l’île Maurice aura pour des années encore à faire avec les mêmes têtes dirigeantes et la recomposition des forces en présence selon les intérêts conjoncturels ?

On reprend les mêmes et on recommence sur la base d’autres accords électoraux. On est voué à rééditer ce genre d’accord avec les risques que cela comporte. A moins qu’il y ait des hommes entreprenants, compétents, intègres qui décident de repartir à zéro et former un nouveau parti avec comme objectifs de gagner les élections pour mettre fin aux abus de pouvoir et aux caprices des gouvernants. Mais cela relève de l’utopie, d’un rêve…

« Pravind Jugnauth a gagné en stature, en maturité et en profondeur. Je lui accorderai certainement un vote de confiance »

Selon d’autres accords à l’israélienne dont celui en vigueur et qui aura été, selon ceux directement concernés, bénéfique pour le pays ? Vous y croyez, vous ?

Disons que nous avons gagné quelques années de paix. Mais, il y a eu beaucoup d’occasions ratées. Au lieu d’être un chef qui fait l’unanimité et représenté toute la nation avec un leadership éclairé, expliquant qu’il faut que le pays se remette en question, se réinvente et que tout le monde doit contribuer aux sacrifices exigés, Bérenger s’est aliéné les talents et les alliés naturels qui auraient pu le soutenir dans l’effort national pour sortir le pays de ses difficultés. Il semble heureux de s’entourer de quelques inconditionnels et une bande de courtisans sans envergure.

Quelle couleur va-t-il donner à son prime ministership durant les deux prochaines années, selon vous ?

Bérenger veut être populaire, ce qui signifie qu’il va continuer à faire les doux yeux à tout le monde, complémentant les uns, louant les autres. On l’a entendu récemment déclarer que le Fonds national de pension était géré «professionnellement», qu’il est personnellement satisfait de la performance du Gouverneur de la Banque de Maurice, que la criminalité est en baisse… Sa tentative d’amadouer la classe moyenne en rendant les voitures importées plus accessibles a foiré et il a été sur la défensive à l’Assemblée nationale lors des débats.

Nous savons tous qu’il existe à Maurice un très grand nombre de personnes comprenant ministres, députés, juges, magistrats, fonctionnaires, employés des corps para-étatiques, universitaires, petits planteurs, chauffeurs de taxi qui bénéficient de 60 à 100% d’exemption de taxes sur les voitures. Ceux qui paient doivent donc compenser pour le manque à gagner représenté par les milliers de privilégiés.

Ce que Bérenger ne dit pas, c’est que nous payons encore des taxes prohibitives sur les voitures malgré les récentes réductions. Les prix sont ridicules et l’appréciation de l’euro ne va pas aider. Une berline européenne coûte plus de 30 000 livres sterling à Maurice, soit deux fois et demie plus cher qu’en Angleterre, et trois fois plus cher qu’en France… alors que nos salaires ici ne sont même pas 20% des salaires moyens de ces pays. Tout cela pour démontrer l’amateurisme de nos dirigeants et leur manque de
sérieux.

Pour être significative, la baisse aurait dû être d’au moins 25%, mais Bérenger n’a pas le temps d’étudier ses dossiers, passant son temps à jouer au chef coutumier de chaque groupe culturel à travers le pays. Il a même trouvé le temps de conforter la Voice of Hindu. Quand on joue à ce jeu très dangereux, on mène le pays vers le chaos. La grande majorité des Mauriciens sont des gens raisonnables, qui réfléchissent et qui voient à travers les calculs politiques.

Il est aussi évident que M. Paul Bérenger ne souhaite pas être un «one-term Prime Minister», qu’il ambitionne de diriger le pays seul à partir de 2005 sinon en tant que «major partner» d’une alliance quelconque…

Il existe un scénario apocalyptique qui veut que si Bérenger maintient sa politique de balkanisation de la population, accentuant les différences qui séparent les Mauriciens plutôt que ce qu’ils ont en commun, nous pourrions nous retrouver avant longtemps dans un pays divisé en camps, manifestant une hostilité larvée entre eux. Dans un tel cas de figure, une seule personne apparaîtra comme ayant les capacités nécessaires pour rétablir l’ordre. Cet homme ne sera sans doute pas Pravind Jugnauth ou Navin Ramgoolam, mais Bérenger, qui fait donc acte de candidature à sa propre succession en tant que sauveur éventuel de la nation. Mais ce n’est qu’un scénario… Que Dieu nous en préserve !

« MCB/NPF: il est déjà évident que la volonté politique laisse à désirer »

Pourra-t-il réussir son coup ?

Cela dépendra des Mauriciens. Mais les Mauriciens sont malheureusement apathiques, et ils sont aussi susceptibles d’être influencés par des considérations matérielles. L’électorat peut être acheté et les circonscriptions de 30 ou 35,000 électeurs sont vulnérables.

Cependant, lorsque la duperie est trop flagrante, il est possible que dans la solitude de l’urne, ils expriment leur réprobation. Peut-être qu’ils réfléchiront à l’avenir de leurs enfants, attachés qu’ils sont, heureusement, à la famille. C’est probablement la protection de nos valeurs traditionnelles qui pèsera lourd dans le choix d’un prochain gouvernement.

Il me semble que vous placez beaucoup d’espoir dans le jeune Jugnauth puisque vous disiez auparavant qu’il va falloir compter avec lui également durant les prochaines années. Constitue-t-il un leader en devenir ?

Pravind Jugnauth a gagné en stature, en maturité et en profondeur. Je lui accorderai certainement un vote de confiance pour l’avenir en ce sens qu’il s’est mouillé, occupe déjà une position stratégique dans la hiérarchie politique et pourrait être l’homme du destin qui dirigera ce pays, compte tenu de la pénurie de leaders politiques. Il n’est pas impossible que Pravind soit le chef que le pays attend et auquel certains d’entre nous rêvent. Mais il faut attendre et voir comment il va gérer ses relations en tant que vice-Premier ministre avec Bérenger comme chef du gouvernement.

Pensez-vous qu’il puisse sortir de l’ombre de son père et éventuellement faire ombrage à Navin Ramgoolam ?

Le leader du Parti travailliste a malheureusement déçu. Il a laissé l’image d’un chef velléitaire, partisan du moindre effort et qui n’a pas
réalisé toutes les ambitions de son mandat. Je souhaite pour lui qu’il se ressaisisse et réussisse à rallier ses troupes, qu’il les motive et leur donne du champ pour s’exprimer. J’espère aussi qu’il étudie les grands défis auxquels nous faisons face et qu’il se conduit comme un Premier ministre en devenir. Il n’a sans doute pas dit son dernier mot et il a lui aussi le potentiel nécessaire pour réorienter notre vie politique vers des horizons plus prospères.

A vous entendre, on pourrait croire que le MSM représente à vos yeux le parti de l’avenir malgré le fait que les Jugnauth et leur parti vont devoir take a back seat durant les prochaines années ?

Pravind aura une tâche très difficile à accomplir eu égard à certains membres vacillants du MSM qui louchent déjà vers le MMM, qui leur paraît plus apte à assurer leur carrières ministérielles. Il y a également le fait quele MSM n’a pas impressionné par son projet de société, ses ambitions économiques, sa philosophie et son programme législatif. Il reste, donc, un travail fondamental à accomplir. Il faut mettre de l’ordre, réorganiser, réorienter… et surtout entreprendre des études et offrir des réflexions pertinentes concernant l’avenir de la nation.

Si Pravind s’attelle à ce travailavec détermination, s’arme de courage et décide d’adresser une sommation aux indécis, même au risque de les voir partir et se retrouver avec des troupes réduites par la suite, il aura introduit non seulement plus de discipline et de cohérence au parti mais imposera sa volonté et créera l’occasion de rénover les structures et attirer du sang neuf. Si Pravind
Jugnauth relève ce défi avec succès, il aura mérité d’être Premier ministre.

On peut croire que le MSM sortira diminué au bout du mandat de Paul Bérenger en tant que Premier ministre, n’est-ce pas ?

J’espère et je souhaite que Pravind Jugnauth nous surprenne agréablement par ses prises de position, son jugement, sa réflexion. C’est
un homme très modeste qui s’efface et qui n’a pas cette flamboyance qui irrite plus qu’elle n’éclaire. J’estime qu’il pourra être le leader qui donnerait à toutes les composantes de la population mauricienne cette raison d’espérer dans l’équité, dans une gestion saine et honnête de notre pays.

Vous êtes vous posé la question sur les vraies raisons de ce projet d’amendement constitutionnel pour renforcer les pouvoirs du prochain président de la République ? Est-ce afin de faciliter la tâche de Jugnauth pour qu’il puisse vendre à son électorat l’accession de Bérenger au poste de Premier ministre ou veut-il prendre des précautions au cas où… ?

On a peut-être dramatisé ces changements constitutionnels qui ne sont pas vraiment importants. Le Parti travailliste a sans doute raison en parlant de « changements cosmétiques ». Les circonstances dans lesquelles le président serait amené à exercer les nouveaux pouvoirs qui lui sont conférés sont exceptionnelles. Les nouvelles attributions du président exigent aussi une certaine prudence. Je ne suis pas sûr que le président devrait nommer des hauts officiels comme les membres de la Electoral Boundaries Commission et de la Electoral Supervisory Commission bien que nous devons lui faire confiance qu’il ne manquera pas de procéder à des consultations préalables.

En principe, on ne change pas une Constitution piecemeal; on amende une Constitution après mûre reflexion, pour adopter un nouveau modèle de gouvernement, procéder à un rééquilibrage des pouvoirs, élargir l’espace démocratique ou introduire des garde-fous pour la protection des libertés fondamentales. Or, tel n’est pas le cas car le président est encore considéré comme une émanation sinon une créature de l’Assemblée nationale. Il n’est pas là par la volonté du peuple, mais par la décision politique de certains partis dans un contexte d’alliances et accommodements.

Nous avons eu de la chance dans le passé d’avoir des chefs d’Etat comme Raman Osman et Dayendranath Burrenchobay ou des présidents de la République de la trempe de Veerasamy Ringadoo et Cassam Uteem, qui ont démontré leur indépendence, leur objectivité et une intégrité personnelle irréprochable. Ce qui a permis à ces distingués serviteurs de la République de garder leurs distances de la chose politique tout en jouant un rôle national que toute la nation a apprécié et respecté. Nous ne savons pas quel genre de président nous aurons dans l’avenir et il y a des nuages à l’horizon, car notre société est malade, notre pays sombre de plus en plus dans la facilité, dans les combines, la corruption, la médiocrité.

Au-delà de la nécessité de légiférer en faveur d’une anti-defection law pour éviter la corruption des parlementaires, la Commission Sachs avait aussi plaidé en faveur d’une « culture of restraint » dans le cadre de ce projet d’amendement constitutionnel afin d’éviter toute perception de parti pris par le président. Avec sir Anerood à la présidence et son fils vice-Premier ministre, Paul Bérenger pourrait bien se dire que c’est mal parti pour la « culture of restraint » ?

Je ne le pense pas. Le président Jugnauth, à bien voir, reste un homme sans pouvoir, excepté un pouvoir moral. Il n’y a aucun lien direct entre le Président de la République et le vice-Premier ministre. Il va sans dire qu’il y aura concertation, voire des consultations intimes entre le père et le fils, qui se résumeront à des conseils, mais pas des directives; des suggestions que Pravind Jugnauth pourrait utiliser à bon escient selon les circonstances. Mais je ne pense pas que cette situation poserait des problèmes que ce soit à Bérenger ou à Jugnauth. Cependant il faudra tenir compte du caractère de Bérenger et de son style de gouvernement très particulier.

En ce qui concerne cette « culture of restraint », elle n’est jamais entrée dans nos moeurs. Sans doute les tentations ont été trop fortes. Il y a toujours eu dans notre histoire politique, depuis notre Indépendance, des passe-droits, des nominations injustifiées et l’utilisation abusive du pouvoir. La possibilité de nommer un fils à une position stratégique est une tentation irrésistible pour n’importe quel dirigeant politique. Dans le cas d’Anerood Jugnauth, la situation se corse avec le patrimoine du MSM, le Sun Trust, qu’il faudra protéger et défendre. Malgré cela, je ne pense pas que c’est une entorse à cette culture of restraint.

Mais, pourquoi faut-il, selon vous, enlever au futur Premier ministre le pouvoir de dissolution dans n’importe quel cas de figure ? Est-ce en raison de l’imprévisibilité de l’homme ?

Le Premier ministre se conduit souvent comme un monarque absolu : il dispose de tous les pouvoirs, il jouit même des pouvoirs qu’on lui octroie et qu’il ne possède pas dans notre Constitution. Parce qu’il y a trop de hauts fonctionnaires qui sont les inconditionnels du régime et de nombreux ministres sont trop heureux de se soumettre à ses diktats. C’est peut-être pour cette raison qu’on a voulu rogner les pouvoirs du Premier ministre afin qu’il ne soit plus ce potentat qui peut tout décider et terroriser ses troupes en les menaçant d’être destituées avec la dissolution du Parlement, ce qui équivaudrait à du chantage. Donc, si cette possibilité est éliminée, ça va aider à purifier dans une certaine mesure l’atmosphère politique dans le pays.

Les dernières révélations faites par L’Hebdo dans sa dernière édition par rapport à ce qui constituerait un draft affidavit de M. Teeren Appasamy sont explosives. Fraude, pots de vin, copinage… il y a de tout pour exiger une commission d’enquête sur le mégascandale MCB/NPF et ses ramifications à divers échelons du monde politique et de l’administration publique, n’est-ce pas ?

Si ces révélations s’avèrent exactes, (et il faut traiter avec beaucoup de circonspection les déclarations de M. Appasamy), ce serait vraiment dommage pour le pays. Car elles jettent un éclairage encore plus inquiétant sur le scandale MCB/NPF - un scandale qui est unique dans nos annales et qui fait peur - , et nous incitent à nous poser la question de savoir si nous ne sommes pas gouvernés, administrés, menés par des gens qui conspirent contre le bien national, contre l’intérêt du pays et contre notre réputation en tant que centre financier, havre de paix et de stabilité, haut lieu du tourisme. L’ICAC, la police et le judiciaire abattent un travail remarquable dans cette crise.

L’ICAC fait sa dentition mais elle gagne déjà en envergure. Il faut lui donner le temps d’approfondir son expérience et de se forger une réputation. La police a également joué un rôle majeur, malgré quelques tâtonnements. Il me semble détecter un certain frémissement dans le judiciaire qui paraît vouloir redorer son blason. Donc, les institutions de notre démocratie fonctionnent. Il est évident, cependant, qu’elles s’attaquent à un gros morceau avec ce scandale. La crise de confiance du pays dans ses structures, dans la classe politique, dans ses chefs religieux s’amplifie avec les ramifications de la fraude MCB/NPF. Après cinq mois d’enquête, on n’a pas encore vidé cet immense abcès de son pus.

Malgré les Kroll Associates, la Banque de Maurice, la Financial Services Commission, etc. ?

Kroll Associates joue un rôle secondaire, sinon équivoque, dans cette affaire. Ce sont des contractuels de la MCB, qui ont rapidement exonéré son top management de tout blâme avant même que l’ICAC ait terminé son enquête. Mais on attend beaucoup de la Financial Services Commission et surtout de la Stock Exchange of Mauritius.

Quant à la Banque de Maurice, elle a été d’une maladresse épouvantable. Elle a failli lamentablement dans la gestion de cette crise. Ce qui est pire c’est que pendant de longues années, elle a toléré des manquements qu’elle aurait dû sanctionner avec rigueur. La politique de « gant de velours » indigne d’une Banque Centrale a échoué pitoyablement.

Existe-t-il une volonté politique pour tirer cette affaire au clair actuellement ?

Je préfère attendre l’affidavit final de M. Teeren Appasamy avant de me prononcer, mais il est déjà évident que la volonté politique laisse à désirer. Je ne dis pas qu’elle n’existe pas, mais l’attitude et les réflexes du gouvernement dans cette affaire laissent rêveur. S’il est établi que de hautes personnalités ont été mêlées à ce scandale, nous ne pouvons pas nous attendre à ce que la volonté politique s’exprime en faveur d’un exposé objectif et complet de ce qui s’est réellement passé.


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